-Réussissez-vous à vivre de votre métier ?
Oui, pour le moment, mais en tant qu’indépendante, une très grande partie de mes revenus sont consacrés aux charges et cotisations sociales… Personnellement, c’est ma principale difficulté financière, car je limite au maximum mes frais professionnels. Il faut tenir sa comptabilité de très près et exercer ce métier par passion, car les revenus sont modestes, surtout les premières années.
-Combien de manuscrits recevez-vous par mois ?
Quatre ou cinq, en moyenne. Cela dépend du volume des textes reçus et de l’ampleur de la prestation, qui peut aller du conseil littéraire à la réécriture complète…
-Quelle est votre méthode de travail ? Vous vous concentrez chez vous ?
Oui, j’effectue d’abord une première correction, chez moi, pour éliminer les principales fautes d’orthographe, de grammaire, de typographie, de syntaxe… Ensuite je relis minutieusement le texte, pour détecter les coquilles restantes et formuler des propositions de style (si nécessaire), faire des recherches sur le sujet si je repère des incohérences, etc., puis je réalise la mise en pages professionnelle (si l’auteur a choisi cette option). Ma méthode permet à l’auteur de comparer la version d’origine et la version remaniée, et d’opter pour les propositions (suggestions stylistiques par exemple) qui lui conviennent le mieux. Enfin, je laisse passer plusieurs jours afin de prendre le recul nécessaire, et je procède à une dernière lecture (en général à l’extérieur, dans une bibliothèque par exemple) afin de bien m’imprégner du sujet et de vérifier la pertinence de mes propositions… Je rédige ensuite quelques conseils personnalisés pour l’auteur, j’attire son attention sur ses points faibles (je lui donne en général quelques pistes pour progresser) et je lui fais prendre conscience de ses points forts. C’est très important, car un auteur a toujours besoin d’être encouragé, quel que soit son niveau. S’il a vraiment quelque chose à dire, à transmettre au lecteur, c’est l’essentiel. Son style progressera à force de travail. Quand la passion de l’écriture vous habite, il faut être tenace !
-Refusez-vous parfois certains textes, de par leur nature ou autres ?
Oui, cela m’arrive rarement, mais lorsque le contenu des textes est raciste ou contraire aux valeurs humaines les plus élémentaires, j’explique simplement à l’auteur que nous ne pourrons pas travailler ensemble, pour des raisons éthiques. Mis à part ces cas particuliers (et assez rares, heureusement !), j’essaie d’être ouverte et tolérante, je ne juge jamais le contenu d’un texte (spiritualité et religions par exemple). J’essaie d’agir comme j’aimerais que l’on agisse envers moi.
Il se peut aussi que l’auteur n’ait jamais relu son tapuscrit ! Dans ce cas, je lui donne des conseils pour la relecture, s’il veut réécrire lui-même son texte afin de progresser, ou je lui propose une réécriture. Mais mon but premier est d’aider les auteurs à exprimer ce qu’ils ressentent et donc à devenir plus autonomes.
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